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​Dans un système mécanique, le bon alignement des pièces peut conditionner le bon fonctionnement de l'appareil ; le terme « alignement » désigne également l'action d'aligner, c'est-à-dire de régler l'appareil, de bouger les pièces afin qu'elles soient en ligne.

Cette définition est purement mécanique et ne prend pas en compte le corps vivant dans sa globalité.

Le Yogi (pratiquant de Yoga) est invité à trouver en lui son propre chemin vers la posture et à s’approprier cette dernière.

 

Les Asanas (postures de Yoga) ne sont pas un but en soi mais un chemin permettant d’accéder à un mieux-être global, physique et mental.


Chez Osteo Yoga nous pensons qu’il y a 2 façons de pratiquer le yoga traditionnel : faire en sorte que le pratiquant s’adapte aux conventions qui définissent chaque posture ou partir de l’unité de chacun et faire en sorte que le yoga s’adapte à ses propres particularités (en proposant donc des adaptations, des variations en fonction de ses possibilités et de ses limitations).

 

Nous pensons que les « consignes » d’alignement devraient rester de l’ordre du conseil, de l’indication, elles sont une invitation à essayer, à expérimenter.

 

Dans tous les cas, ces consignes ne devraient pas devenir une « règle ».

 

Nous savons que l’obsession de l’alignement parfait peut être à l’origine de blessures.

 

Les élèves de Yoga qui se focalisent sur une représentation mentale d’une posture en oublient souvent leurs propres sensations, leur propre cheminement intérieur et personnel. 

« Le vrai pouvoir des asanas ne se trouve pas dans l’esthétique de la posture mais dans le flux des énergies subtiles qu’ils stimulent dans le corps. »

Un bon alignement permet de faire circuler les énergies (motrices, vasculaires, neurologiques) à condition d’être détendu dans notre pratique. Si ce n’est pas le cas les énergies restent bloquées et rien ne nous permet de nous ouvrir à de nouvelles perceptions, à de nouvelles sensations.

 

Ce mois-ci nous vous parlerons d’alignement (im)parfait. A ce titre nous vous proposons la lecture d’un article traduis de l’anglais qui ouvre le débat sur l’intérêt d’un alignement parfait. Bonne lecture.

6 bonnes raisons de ne pas être obsédé par l’alignement parfait !

« Comme tout le monde, nous recommandons d’enseigner et de réaliser les asanas (postures de yoga) de manière à diminuer les risques de blessure. Bien sûr, la posture se doit d’être reconnaissable ; si vous ressemblez à une brouette alors que vous faites la pose du cobra (Bhujangasana) il y a de grandes chances que vous la faites mal.

Néanmoins, il est bon de rappeler que les asanas ne sont pas le but ultime du yoga mais un simple outil. Dans les Yogas-SutrasPatanjali nous rappelle que la posture parfaite est confortable, stable et totalement détendue. Il ne parle pas d’alignement ou de symétrie.

Aujourd’hui, la plupart des enseignants se concentrent presque exclusivement sur les asanas et sur leur impact sur le corps physique. En tant que professeur de yoga, je comprends tout à fait la nécessité d’étudier l’anatomie et la physiologie. Après tout, une asana est aussi une pratique physique.

Comprendre le corps humain ; ses capacités et ses limitations, aide l’enseignant à guider ses étudiants sans danger. C’est aussi très utile pour la création de séquences équilibrées et pour savoir adapter les postures selon les capacités de l’élève.

Mais en plaçant tout notre attention sur le corps physique, nous ignorons les nombreux bénéfices de la pratique sur le mental et sur l’esprit.

Exécuté correctement, couplé avec la respiration et avec un mental concentré, la pratique d’une posture peut et doit devenir une forme de méditation.

Le yoga est comme un joyau, il possède de nombreuses facettes. Certaines d’entre elles vont bien au-delà de la simple posture physique, dans la respiration, la méditation, et bien d’autres pratiques orientées vers la transformation du yogi.

Etre « obséder » par l’alignement c’est se condamner à rester bloqué au niveau physique de la posture. C’est aussi souvent, s’alourdir de détails qui n’apportent pas grand-chose, ni au niveau sécurité ni au niveau esthétique.

virabhadrasana/ Guerrier 1

J’ai personnellement assisté à des cours où l’enseignant passait 15 minutes à rappeler l’importance d’un alignement parfait du corps pour « Tadasana », le troisième orteil devant « absolument » être placé dans une position parfaite par rapport à la cheville. Ce genre de détail n’apporte rien au niveau sécurité, il ne rend pas non plus le cours plus intéressant, il fait simplement perdre quinze précieuses minutes de pratique.

Mais au-delà de la perte de temps, voici quelques raisons pour lesquels il me semble que cette obsession de l’alignement est souvent excessive.

 

1) L’anatomie oui, mais de qui ?

L’anatomie est une science inexacte, il n’y a pas deux corps qui se ressemblent. Nous avons tous des qualités et des faiblesses qui nous sont propres. La structure articulaire par exemple, diffère grandement d’une personne à l’autre.

Il y a pourtant de nombreuses écoles qui ont une approche à sens unique et sectaire de l’alignement !

C’est limitant pour la plupart des étudiants et humiliant pour d’autres. Ignorer, par exemple, les grandes variations du squelette et du système musculaire des étudiants peut même devenir dangereux. Dans certains cas, c’est même irresponsable !

Presque toutes les postures peuvent être modifiées pour s’adapter à un type particulier. Adhérer à un seul principe d’alignement exclut ceux qui ne peuvent pas encore être assez souples ou forts, et ceux dont la structure physique freine la mobilité.

 

2) On se concentre trop sur la perfection

 

Se concentrer exclusivement sur ​​l’alignement parfait conduit, tôt ou tard l’étudiant à l’échec. Si la perfection devient la norme, les pratiquants sont condamnés d’avance, cela peut même créer une grande anxiété.

Je l’ai vu avec certains styles de yoga, ou une pose doit être effectuée « parfaitement » ou pas du tout. Cela a sans doute du sens si vous êtes en compétition aux Jeux olympiques. Mais c’est de la gymnastique, surement pas du yoga !

Le yoga ne peut pas être jugé et classifié, et ce n’est certainement pas une question de performance.

La meilleure façon d’apprendre à faire du yoga, c’est de pratiquer le yoga, même si cela signifie exécuter une variante plus simple de la posture.

Tenir une pose parfaitement n’est pas forcément synonyme d’un alignement parfait. La perfection dans l’asana est obtenue lorsque le pratiquant effectue l’asana au mieux de sa capacité, dans le confort et la stabilité prescrits par Patanjali.

En unissant la posture juste avec la respiration et un esprit calme, l’asana devient méditation.

 

3) On s’attache à l’enseignant

 

Il y a longtemps, j’ai participé à une classe spécialement consacrée aux alignements. A chaque posture, le professeur m’informait que je l’exécutais mal mais sans me préciser ce que je « faisais mal » et sans me montrer la « bonne façon » de faire.

Quand je lui demandai de me montrer la posture correcte, il m’ignorait. Je n’y suis jamais retourné mais j’ai compris comment certaines personnes pouvaient continuer leur apprentissage avec lui. Après tout, s’il pouvait voir les « erreurs », il devrait être aussi en mesure de les corriger. Cette façon de faire joue sur les insécurités et les doutes de l’étudiant.

Si votre professeur de yoga vous dit que vous faites mal, mais ne vous dit pas exactement qu’est-ce que vous faites mal, ou comment vous corriger, je vous conseille de déguerpir vite fait !

Utiliser les peurs de ses étudiants pour pouvoir payer la location de son studio en centre-ville est moralement condamnable.

Un enseignant sincère veut aider ses étudiants à dépasser leurs propres capacités, certainement pas les rendre dépendants.

L’unique raison pour aller dans un cours de yoga est de pratiquer. Votre professeur n’est certainement pas totalement « éveillé » donc concentré vous sur votre pratique et faites du mieux que vous pouvez pour grandir intérieurement et progresser.

Ne vous donnez pas tout entier à un enseignant, il est un guide et non pas le but lui-même.

 

4) Cela nous retarde dans notre évolution

 

 

Dans ma lignée, on ne s’occupe pas de l’alignement au-delà du minimum nécessaire pour pratiquer sans danger. Et pourtant, je peux et j’ai déjà enseigner à des milliers de personnes, des poses « avancées » sans aucun accident.

Quel est mon secret ? Il suffit de faire au mieux de votre capacité. Parfois, on a besoin d’accessoires et parfois quelques judicieux conseils suffisent. Les différentes asanas ne peuvent être appris que par la pratique.

Si vous devez attendre de maîtriser « parfaitement » une posture avant de pouvoir commencer à en travailler une autre, vous pouvez parfois attendre des années et pendant ce temps votre corps perd force et souplesse. Et d’ailleurs, combien de temps souhaitez vraiment vous consacrer à Tadasana?

Le meilleur moyen d’apprendre une asana « avancée » est de la pratiquer. Un enseignant expérimenté n’est nécessaire que pour vous aider à « entrer » dans la posture et à vous aider à progresser. Et ce n’est parce qu’il peut la faire « parfaitement » qu’il sera forcément apte à l’enseigner.

 

5) On « pense » à la posture au lieu de la « sentir »

 

Le vrai pouvoir des asanas ne se trouve pas dans l’esthétique de la posture mais dans le flux des énergies subtiles qu’ils stimulent dans le corps.

Quand l’enseignant focalise sur l’alignement en donnant moult et moult détails, cela nous ramène immanquablement dans le mental.

Au lieu de « sentir », ils pensent !  Se demandant si ce qu’ils font est correcte et jetant de temps à autre des regards angoissés vers le miroir ou vers un camarade de classe.

La posture doit devenir méditation, et dans la tradition « yogique » elle a un grand rapport avec la concentration. Donner trop d’explications et faire trop de corrections pendant la pratique d’une asana ne peut que distraire le pratiquant.

Le but du Yoga est de transformé l’être et de lui faire découvrir le « Soi ». Par le Hatha-yoga nous apprenons à contrôler le corps et la respiration avant de pouvoir contrôler le mental. Si l’enseignant passe son temps à remplir le crâne de ses étudiants au point que leurs cervelles se mettent à fumer, on peut dire qu’il aura échoué lamentablement.

 

6) Vous n’irez jamais au-delà des asanas

 

Se focaliser uniquement sur les aspect physiques et visibles du yoga, c’est le limité. Cette tradition est vaste, et ses formes nombreuses.

Si le Hatha-yoga préconise la pratique des asanas, il inclut également le pranayama, la méditation et bien plus…

Les écoles qui portent une grande importance à l’alignement oublient souvent la pratique du pranayama et de la méditation. Ce n’est pas une critique mais une simple constatation.

C’est sans doute dû au fait que ni l’un ni l’autre ne peuvent s’expliquer à l’aide planches anatomiques ou de principes physiologiques.

La méditation peut avoir des effets « secondaires » d’ordre physique et les effets du pranayama sur le cycle respiratoire peuvent être étonnant mais l’immense pouvoir de transformation de ses pratiques transcende les limitations du monde matériel et physique.
Le Yoga signifie bien plus que d’avoir une belle silhouette et de « péter » de santé. C’est une pratique spirituelle !

Si on se focalise sur le physique, on perd de vue la valeur du yoga.

Utilisons donc notre corps comme un véhicule mais pas comme une fin en soi. De toute façon, le culte porté à nos corps finira par nous paraître bien futile quand le temps sera venu de l’abandonner.

Alors plutôt que « d’aligner » les os et les organes, alignons donc nos esprits et nos âmes en résonance avec notre « Etre » profond.

 

Pratiquons le Yoga, pas seulement des asanas ! ».

 

Maya Devi Georg & Chris Kourtinatos


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